Elections

Les élections en Afrique pour 2017

Cet article a été mis à jour le 11 avril 2017 (nouveaux développement au Somaliland et en Gambie).

Voici une présentation factuelle des 15 élections prévues en Afrique pour 2017 concentrées notamment en juillet/août. Le précédent point sur les élections de décembre 2016 est disponible ici.

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Février

  • Somalie

L’élection présidentielle, par les membres de l’assemblée, a eu lieu le 8 février. Elle a été remportée par un ex-premier ministre, Mohammed Abdullahi Farmajo.

Avril

  • Gambie

Les législatives ont été organisées le 6 avril. Le parti du nouveau président, A. Barrow, l’UDP a remporté 31 des 53 sièges de l’Assemblée.

  • Algérie

Des législatives sont prévues en avril mais sans date fixée pour l’instant.

Juin

  • Lesotho

L’assemblée a été dissoute par le roi et les législatives anticipées doivent se tenir le 3 juin.

Juillet

  • Sénégal

Les législatives sont prévues pour le 2 juillet.

  • Sud Soudan

Les législatives et présidentielles doivent se tenir avant le 9 juillet.

  • Gabon

Les législatives sont prévues pour le 29 juillet.

  • République du Congo

Des législatives sont prévues courant juillet sans date précisément fixée pour l’instant.

Août

  • Rwanda

Le 4 août, le Rwanda organise son élection présidentielle.

  • Angola

La date précise des législatives du mois d’août est encore attendue. Le candidat principal du parti remportant ces élections devient président.

  • Kenya

Le Kenya organise le 8 août les législatives et la présidentielle.

Septembre

  • Somaliland

Des élections législatives et présidentielles y étaient prévues le 27 mars. Elles ont été repoussées à septembre à cause de la sécheresse et le risque de famine. A noter que ce pays n’est pas reconnu par la communauté internationale depuis son indépendance unilatérale de la Somalie en 1991.

Octobre

  • Liberia

Le 10 octobre, les libériens choisiront leurs députés et leur président. La Présidente Sirleaf atteindra la limite des mandats et ne pourra se représenter.

Novembre

  • Sierra Leone

Elections législatives et présidentielle prévues pour novembre sans date fixée pour l’instant.

D’ici la fin de 2017

  • République Démocratique du Congo (RDC)

Plus de détails ici.

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Elections

A presentation of the 2017 African National Elections

This article was updated on April 11, 2017 (new developments in Somaliland and the Gambia).

Here is a factual presentation of the 15 national elections planned in Africa for 2017 with a traffic jam in July/August. The previous update on the last elections of 2016 is available here.

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February

  • Somalia

The Presidential election, by the Members of Parliament, took place on February 8. Mohammed Abdullahi Farmajo, an ex-Prime Minister, was elected.

April

  • The Gambia

The Gambia organised parliamentary elections on April 6, 2017. The UDP, the party of the new President A. Barrow – elected in December 2016, have won 31 seats out the 53 available.

  • Algeria

Legislatives are planned for April but without an exact date for now.

June

  • Lesotho

The King dissolved the Assembly early March and the anticipated elections should take place on June 3.

July

  • Senegal

Parliamentary elections planned for July 2, 2017.

  • South Sudan

Parliamentary and presidential elections have to take place before July 9, 2017.

  • Gabon

Parliamentary elections planned for July 29, 2017.

  • Republic of Congo

Legislatives planned in the course of July without an exact date for now.

August

  • Rwanda

On August 4, Rwanda organises a presidential election.

  • Angola

The exact date for the August parliamentary election is still to be announced officially. The presidential candidate of the winning party will become President.

  • Kenya

Kenya organises on August 8, 2017, both parliamentary and presidential elections.

September

  • Somaliland

Due to the drought and the risk of famine in the Horn of Africa, Legislative and Presidential elections, that were planned on March 27, have been postponed to September. This country is not recognised by the international community since its unilateral independence from Somalia in 1991.

October

  • Liberia

On October 10, Liberians will choose their Members and Parliament and their President. President Sirleaf has reached the mandate term-limit.

November

  • Sierra Leone

Legislative and presidential elections are planned for November without an exact date for now.

To be organised by the end of 2017

  • Democratic Republic of Congo (DRC)

More details here ici.

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Elections

An update on the last elections of 2016 – December

Here is a short focus on developments regarding the last 3 elections that took place in 2016 and the postponed elections in the DR Congo. 14 elections are planned for 2017. The previous update about 2016 elections is available here.

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  • Ghana

Ghanaians voted on December 7 to elect their members of parliament and their president. There was a period of doubt after an apparent hacking of the electoral commission’s website and delays in the announcements of the results. The now ex-opponent Nana Akufo-Addo won the presidential vote with 53.85%. His party, the New Patriotic Front, won the legislatives with 171 seats. Mr. Akufo-Addo was sworn in on January 7, 2017. Since 1992, there have been 3 changes in power through the polls in Ghana.

  • The Gambia

The Gambian presidential election took place on December 1, 2016. The opponent Adama Barrow won. On December 2, outgoing president, Yahya Jammeh, accepted his defeat. N. Dlamini-Zuma publicly hailed this gesture. However, the following week, President Jammeh changed his mind after a correction in the results that did not halter the initial outcome. Since this change, the Economic Community of Western African States (ECOWAS) has decided to work to uphold the results and ensure the peaceful transfer of power to the President-elect. ECOWAS mediation is lead by Presidents Buhari from Nigeria and Sirleaf from Liberia. Since Jammeh’s volte-face, the army has occupied the electoral commission facilities, the head of the electoral commission has been reported fleeing the country just like thousands of Gambians crossing to Senegal. President Jammeh challenged the results before the Supreme Court. The head of this court declared early January that the court was unable to hear the petition before May due to technical reasons. The current presidential mandate comes to an end on January 19, 2017.

  • Côte d’Ivoire

Parliamentary elections took place on December 18, 2016. The official results presented the Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie en Côte d’Ivoire (RHDP) as the large winner with 167 seats out of 255. This movement support Ivorian President, Alassane Ouattara.

Postponed

  • Democratic Republic of Congo (DRC)

President Kabila’s second mandate came to an end on December 19, 2016. According to the UN, at least 40 people died during the demonstrations on December 19 and 20 against Kabila’s refusal to step down. An agreement was reached at the very end of 2016 between the power and opposition movements under the auspices of the Congolese bishops. It states that legislative and presidential elections, originally planned for 2016, then postponed to 2018, should be organised by the end of 2017. It states also that an opponent should be appointed Prime Minister and that Joseph Kabila can stay in power until his successor has been sworn in.

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Elections

Un point sur les dernières élections de 2016 – décembre

Voici un point sur le développement concernant les 3 dernières élections de 2016 et les élections reportées en RD Congo. Le précédent point est disponible ici.

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  • Ghana

Les ghanéens ont voté le 7 décembre pour élire leurs députés et leur président. Il y a eu une période de doute suite à un prétendu piratage du site de la commission électorale et du retard dans l’annonce du résultat. L’ex-opposant Nana Akufo-Addo a remporté la présidentielle avec 53.85%. Son parti, le New Patriotic Front, a également remporté la majorité à l’assemblée avec 171 sièges. M. Akufo-Addo a prêté serment le 7 janvier 2017. Depuis 1992, il s’agit de la troisième alternance au pouvoir par les urnes au Ghana.

  • Gambie

L’élection présidentielle gambienne a bien eu lieu le 1er décembre 2016. Elle a été remportée par l’opposant Adama Barrow. Le 2 décembre, le président sortant, Yahya Jammeh, reconnaissait sa défaite, un geste salué par la présidente de la Commission de l’Union africaine, Dlamini-Zuma. Mais la semaine suivante, le président Jammeh changeait d’avis suite à une correction des résultats qui n’altérait cependant pas le résultat initial. Depuis ce revirement, la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de travailler au maintien du résultat et à un transfert pacifique du pouvoir. Sa médiation est menée par les présidents Buhari du Nigeria et Sirleaf du Liberia. L’armée a occupé les locaux de la commission électorale, le président de la commission électorale aurait quitté le pays et des milliers de gambiens auraient traversé la frontière pour se réfugier au Sénégal. Le président Jammeh a décidé de contester les résultats devant la cour suprême. Le président de cette dernière a annoncé début janvier que la cour ne pourrait pour des raisons techniques statuer sur le recours présidentiel contre les résultats des élections avant mai 2017. Le mandat actuel du président Jammeh se termine le 19 janvier 2017.

  • Côte d’Ivoire

Les élections parlementaires ont eu lieu le 18 décembre. Les résultats officiels ont donné gagnant le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie en Côte d’Ivoire (RHDP). Le RHDP a remporté 167 sièges sur 255. Ce rassemblement soutient le président ivoirien, Alassane Ouattara.

Reportées

  • République démocratique du Congo (RDC)

Le 2e mandat du Président Kabila s’est terminé le 19 décembre 2016. Selon l’ONU, au moins 40 personnes sont mortes lors des manifestations des 19 et 20 décembre contre le maintien de Kabila au pouvoir. Un accord a été trouvé à la toute fin de 2016 entre une partie de l’opposition et le mouvement au pouvoir sous l’égide des évêques congolais. Les élections parlementaires et présidentielles étaient prévues pour la fin 2016 puis annoncées comme reportées en 2018. Avec cet accord, et pour l’instant, les élections sont prévues d’ici la fin de 2017. D’ici là, l’accord prévoit le maintien de Joseph Kabila en tant que président jusqu’à la prise de fonction de son successeur et la nomination d’un premier ministre d’opposition.

 

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Afrique australe, Démographie, Jeunesse, Politique

Jeunesse – Afrique australe et le grand changement démographique

Les images de manifestations étudiantes en Afrique australe contre les frais universitaires sont devenues monnaie courante. Elles sont une des conséquences des tensions induites par le changement démographique massif  en cours dans la région. Imaginez trois jeunes citoyens de la région : Kagiso, 20 ans, botswanais, Cecilia, 15 ans, du Malawi et Thabo, 22 ans, d’Afrique du Sud. Tous trois ont en commun d’être membres du plus grand groupe de population dans leurs pays respectifs. Une vague globale de jeunesse se répand en effet sur la région, et plus généralement sur le continent.

La jeunesse sud-africaine a démontré sa puissance politique en octobre 2015 en manifestant par milliers devant le parlement et la présidence contre l’augmentation des frais universitaires. Jacob Zuma, le président sud-africain, a annoncé après ces manifestations le gel de la hausse des frais universitaires.

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Une vague de jeunesse

55%[1]  des citoyens en âge de voter dans la région de la communauté de développement de l’Afrique australe (plus connue sous son acronyme anglais de SADC[2]) ont entre 18 et 34 ans. 61%[3] des citoyens de la SADC ont entre 0 et 24 ans. La majorité des habitants de cette région est née après la fin de la guerre froide, et de plus en plus après les fins des guerres civiles au Mozambique et en Angola, et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. En Afrique du Sud on les appelle les « born free », ce qui peut se traduire par « nés libres ». Les pays de l’Océan indien mis à part, l’Afrique du Sud a la population la plus âgée de la zone australe avec un âge médian de 26 ans. De nombreux pays ont même une population encore plus jeune, comme en Zambie, où la moitié des citoyens a moins de 17 ans.

La jeunesse : un vieux concept politique

La jeunesse est un vieux concept politique. Ce dernier a toujours été utilisé comme un moyen permettant de promouvoir le changement, que ce soit au sein des pouvoirs en place ou contre ceux-ci, comme à l’époque coloniale et des régimes racistes. En 1950, Nelson Mandela est devenu le chef de la ligue de jeunesse du congrès national africain (ANCYL en anglais), fondée dès 1944.  En 1976, la jeunesse de Soweto s’est soulevée contre le régime d’apartheid. Aujourd’hui encore, le 16 juin, le soulèvement de Soweto est célébré dans de nombreux pays d’Afrique australe en hommage au sacrifice de la jeunesse contre l’oppression. Plus récemment, Julius Malema a émergé politiquement en prenant la tête de la branche jeunesse de l’ANC.

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Opportunités et défis politiques en Afrique australe

Les changements démographiques actuels sur cette partie du continent ouvrent une période de tensions mais également d’opportunités sociales. De fait, considérer la jeunesse comme un groupe minoritaire parmi la population, alors que les jeunes en constituent en réalité  la majorité, est une erreur politique. Tous les partis au pouvoir et ceux de l’opposition doivent aujourd’hui se poser la même question : comment gérer cette situation et comment en profiter pour rester au pouvoir, ou bien y accéder ?

Ces évolutions vont désormais servir de test pour les systèmes politiques et socio-économiques de la région. Le monde occidental, le Japon dans les 1960 et plus récemment les pays arabes, ont connu des tensions aux origines démographiques semblables.  Une des leçons retirées de ces épisodes historiques est que, s’il n’y a pas de réponse unique face à ces changements, plus un système est solide, plus il s’avère stable.

A la mi-août de 2015, au Botswana, les chefs d’Etat de la SADC ont signé une Déclaration sur le Développement de la Jeunesse. Il s’agit d’une nouveauté, démontrant l’intérêt porté par les décideurs politiques de la zone aux changements démographiques, et marquant une certaine volonté d’accompagner ces derniers.

Division régionale : Afrique australe rurale vs Afrique australe urbaine

Si l’ampleur du changement doit encore être mesurée de manière détaillée par pays, il n’en demeure pas moins que l’on peut observer des évolutions comportementales en cours dans de nombreuses sociétés de la région ; telles que le glissement vers des comportements plus individualistes et moins enclins à respecter une approche communautaire et une certaine hiérarchie.

Il est intéressant d’observer de nombreux partis au pouvoir dans la région perdre du terrain dans les centres urbains où la jeunesse est plus présente et possède davantage de diplômes.

Les Etats du sud et l’Angola ont les taux les plus importants d’urbanisation de la SADC (plus de 60%) tandis que le reste de la sous-région  varie d’  « assez » à « extrêmement rurale », comme au Malawi (84%). Une étude comparative par pays serait nécessaire ;  cependant on observe que les structures de contrôle social sont davantage contrôlées par les personnes âgées en milieu rural qu’en ville, où des structures concurrentes sont plus présentes.

Un test pour les partis au pouvoir

Quoi qu’il en soit, la meilleure manière de gérer ces changements démographiques d’ampleur est de les accompagner. En Afrique du Sud, en Angola, au Botswana, en Namibie, au Mozambique, en Tanzanie et au Zimbabwe, tous les partis politiques font face à un défi similaire dans ce secteur : devoir se réinventer au-delà des thèmes de la lutte contre l’indépendance et les régimes racistes, afin de séduire les « nés libres ». Évidemment, cela risque de créer des déceptions et du ressentiment parmi les générations plus anciennes qui ont mené des combats difficiles afin de pouvoir diriger leur pays. Cela peut s’apparenter à ce que les parents européens ont connu dans les années 1960 quand leurs enfants leur ont fait comprendre que, malgré toutes les opportunités dont ils disposaient, ils n’accepteraient pas uniquement de les écouter patiemment, ni de leur obéir.

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En RD Congo et en Angola, des militants politiques jeunes n’étant pas aux ordres des systèmes au pouvoir ont été emprisonnés sur peu, voire pas de bases légales, démontrant le niveau d’appréhension certain qu’ils suscitent chez leurs dirigeants.

Le printemps arabe nous apporte par ailleurs un éclairage sur l’impact des changements démographiques et sur la manière dont différents régimes s’y sont confrontés. En Tunisie, le système politique s’est d’abord effondré avant que le pays, pourtant soumis à de nombreuses pressions, ne se soit montré plus stable que certains de ses voisins comme la Libye et l’Egypte. La Tunisie a fait preuve d’un meilleur niveau de flexibilité et d’inclusivité politique, ce qui a permis au pays de mieux faire face à cette situation. Dans d’autres pays, le pouvoir s’est reposé lourdement sur l’appareil sécuritaire pour regagner le contrôle (Egypte) ou se maintenir en place (Algérie). Les pressions des acteurs internes et externes n’ont pas été égales dans tous ces pays non plus. Les facteurs d’instabilité et la capacité de la jeunesse à être violente, à s’organiser, se procurer des armes, etc. a également différé d’un pays à l’autre, ainsi que la capacité des forces de sécurité à les accompagner ou les réprimer.

Un test pour les systèmes politiques en place

Les tests politiques ont déjà commencé en Afrique australe. Au Botswana, en 2014, un changement générationnel politique majeur a eu lieu à travers les urnes à l’occasion des primaires et des élections générales. Une majorité de députés de moins de 50 ans – ce qui est considéré comme jeune en politique – a été élue à l’Assemblée en octobre 2014. 32 députés sur les 57 sont des néo-députés. Un chiffre impressionnant dans la mesure où le parti au pouvoir a à nouveau gagné les élections, et qu’en général, ce genre de renouvellement s’opère à l’occasion d’un changement de majorité. Il s’agit de fait d’un renouvellement massif du personnel politique. Le parti au pouvoir a réussi ce renouvellement grâce à son système de primaires, que de nombreux ministres et personnalités plus âgées ont perdu.

Il s’agit d’une combinaison rare démontrant la capacité d’adaptation du parti au pouvoir. Le système électoral botswanais et la culture au sein des partis ont permis d’absorber une partie des tensions provoquées par le renouvellement démographique.

Dans certains pays de la région, tels que le Botswana, le pouvoir relatif des jeunes par rapport aux autres groupes de la population est accentué par les conséquences de la pandémie de VIH-SIDA.  Du fait de la maladie, les générations entre 35 et 55 ans sont en effet beaucoup moins nombreuses qu’elles auraient pu l’être. Cette situation augmente ainsi le poids relatif des moins de 25 ans dans la population.

Les lignes que j’écris n’apprendront peut-être pas grand-chose à de nombreux acteurs de la région. Un certain nombre d’hommes politiques locaux semble en effet avoir compris l’importance de la jeunesse pour leur propre avenir politique. Au Botswana par exemple, le président a nommé l’un de ses plus proches au poste de ministre de la jeunesse. Bien qu’il ait plus de 50 ans lui-même, il est un primo élu et se montre particulièrement dynamique. Il est à l’origine de nombreuses initiatives en faveur de l’emploi des jeunes et s’avère également très présent sur les réseaux sociaux. Et devinez qui utilise le plus ces réseaux ?

Au-delà du Botswana, ce sont tous les pays de la zone dont la flexibilité et la capacité d’absorption du choc démographique vont être testées.

Pour les régimes de la région, la solidité viendra de la force de la flexibilité de leur système démocratique et d’un contrôle effectif des appareils sécuritaires. Sans l’un ou l’autre, cela s’avèrera compliqué. Nul n’est protégé de tensions dues au changement démographique, et mieux vaut s’y préparer.

Jeunesse, richesse, perception des inégalités et opportunités

Il y a une grande division en Afrique australe entre les pays en termes de richesses économiques. Les pays avec le plus grand Produit Intérieur Brut (PIB) sont aussi ceux qui ont les taux de pauvreté les plus bas, mais également ceux au sein desquels les inégalités sont les plus grandes. Les inégalités sont scientifiquement calculées par le coefficient de Gini. On observe ici un paradoxe : ces pays sont également ceux où la jeunesse est la plus éduquée, mais également la plus confrontée au chômage. En Afrique du Sud, la grande puissance économique de la région (62% du PIB régional), un citoyen sur deux a moins de 26 ans et le taux de chômage des jeunes est de 51.5%[4] ! Aucun parti politique ne peut ignorer ces faits afin de gagner les élections mais également d’exercer le pouvoir. À Madagascar, la situation socio-économique est exactement l’inverse : niveau éducatif très bas, taux de pauvreté élevé mais officiellement seulement 3.8% de chômage.

Les inégalités de richesse comptent parmi les critères à surveiller pour déterminer la capacité des systèmes à absorber la vague démographique. La perception des inégalités et d’un partage équitable des richesses est absolument fondamentale. Un autre critère à prendre en compte est l’urbanisation, ainsi que le niveau d’éducation et de diversification économique.

En Afrique du Sud et au Botswana, le nombre moyen d’années scolaires est supérieur à 7 ans. La plupart des citoyens des autres pays de la SADC passent en moyenne moins de 7 ans sur les bancs de l’école et de l’université. Le taux le plus bas se situe en RD Congo, avec seulement 3 ans de moyenne. Après l’école, se pose la question de la capacité du système économique du pays à intégrer les jeunes diplômés sur le marché du travail. Le niveau d’attente en termes d’accès à l’emploi suscité par le nombre d’années d’enseignement, la qualité et la rémunération de celui-ci semblent étroitement liés.

Des tensions accrues, mais pas nécessairement de crises

La vague démographique est telle dans tous les pays que cela aura des impacts politiques, sociaux et économiques. Les changements provoqués devraient néanmoins pouvoir se faire sans heurts entre les générations et tout le monde devrait pouvoir trouver sa place : individus, générations, organisations.

Chaque génération adopte un système de valeurs et une façon de faire. Les générations peuvent également s’opposer sur ces thèmes néanmoins il est possible que chaque génération, et sa manière de faire, trouve sa place. Je prends ici l’exemple de la Croix-Rouge tant décriée par les baby boomers européens pour sa neutralité que certains associaient à de la passivité, voire de la complicité. La nouvelle génération créa une nouvelle génération d’organisations non gouvernementales qui conceptualisa le droit d’ingérence. C’est dans ce cadre que Médecins Sans Frontières (MSF) voit le jour en 1971. Aujourd’hui, la Croix-Rouge et MSF existent toujours ; elles ont évolué. D’autres organisations sont apparues. Il est donc possible que chacun trouve sa place, jeunes et moins jeunes générations incluses.

Les régimes qui offriront un espace pour la jeunesse, qui contrôleront leurs appareils sécuritaires efficacement et de manière bienveillante à l’égard de la jeunesse – en cas de tensions accrues – et qui sauront offrir un bon niveau d’éducation peu coûteuse, un bon niveau d’emploi et de bonne gouvernance seront les mieux placés pour gérer les défis que va inéluctablement amener la vague de jeunesse qui se répand dans la région.

[1] Statistiques du CIA World FactBook – consultées en octobre 2015

[2] SADC est la Southern African Development Community. Communauté de Développement de l’Afrique austral (CDDA) plus connue sous son nom anglais. 15 états en sont membres: Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, République Démocratique du Congo, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe

[3] Statistiques de l’ONU de 2015 et 2013 consultés en octobre et novembre 2015

[4] Statistiques du Rapport de Développement Humain 2015 du Programme des Nations Unies Pour le Développement (PNUD)

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Elections

Un point sur les élections de 2016 – Novembre

Nous vous proposons un suivi factuel des 3 élections organisées en septembre/octobre et de la préparation des 3 élections prévues pour décembre.

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  • Seychelles

Après la victoire de l’ex-opposition en septembre aux législatives de septembre, James Michel, le désormais ex-président, avait promis de laisser la place le 16 octobre 2016. Chose faite. Son ancien vice-président, Danny Faure, est donc président. Son mandat devrait courir jusqu’en 2020.

  • Cap-Vert

Le président Jorge Carlos Fonseca a été réélu un second mandat le 2 octobre avec 74% des voix.

  • Maroc

Les élections parlementaires ont été organisées le 7 octobre 2016. Le parti de la justice et du développement (PJD) a remporté 125 sièges sur 395. Le PJD doit maintenant former une coalition gouvernementale.

Les élections restantes pour 2016

  • Gambie

L’élection gambienne est prévue pour le 1er décembre 2016.

  • Ghana

Les ghanéens doivent voter le 7 décembre pour élire leurs députés et leur président. Un second tour est prévu, uniquement pour la présidentielle, le 28 décembre 2016

  • Côte d’Ivoire

Les élections parlementaires ont été fixées au 18 décembre.

Reportées

  • République démocratique du Congo (RDC)

Les élections parlementaires et présidentielles étaient prévues pour la fin 2016 mais elles ont été reportées en octobre pour 2018.

  • Elections prévues pour 2017

Il y a 8 élections nationales prévues l’année prochaine : au Somaliland, Kenya, Sénégal, Sierra Leone, Rwanda, Liberia, Gambie et en Algérie.

Nous reviendrons début 2017 pour un dernier rapport factuel sur les élections de 2016.

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Elections

An update on the 2016 elections – November

We have news about 3 elections that took place in September-October and the 3 more that are to take place in December. 8 elections are planned for 2017.

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  • Seychelles

After the victory of the then-opposition in September, James Michel, the then-President, had promised to stand down on October 16, 2016. He did. His former Vice-President, Dany Faure has become the new President. He should remain so for the rest of the term, until 2020.

  • Cape-Verde

The final results of the October 2nd elections gave the re-elected President Jorge Carlos Fonseca 74% of the votes.

  • Morocco

The parliamentary elections were held on October 7, 2016. The Justice and Development Party (PJD) led the results and won 125 seats out of 395. The PJD is expected to form a coalition.

Elections left to happen in 2016

  • Gambia

The Presidential election is due on December 1st, 2016.

  • Ghana

Ghanaians are expected to vote on December 7, 2016 to elect their MPs and their President. A second round is planned for the Presidential election on December 28, 2016.

  • Côte d’Ivoire

The date of the Parliamentary elections has been announced. They are due on December 18,2016.

Postponed

  • Democratic Republic of Congo

The elections are expected in 2018.

  • Elections due in 2017

There are 8 national elections planned for next year in Somaliland, Kenya, Senegal, Sierra Leone, Rwanda, Liberia, Gambia and Algeria.

We will get back to you with a factual report of the 2016 elections early 2017.

 

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