Elections

Yes we Ken (vote again)

  • Il était une fois, un vote, une défaite, une plainte, une annulation et un nouveau vote 

Que s’est-il passé au Kenya ? Le pays a organisé le 8 août 2017 des élections législatives et présidentielles. Pour la troisième fois en 10 ans, les principaux candidats étaient Uhuru Kenyatta et Raila Odinga. En 2007, près de 1 300 Kenyans moururent dans des violences liées aux élections. U. Kenyatta, le Président sortant, a été réélu officiellement avec 54,27% des votes. Plusieurs incidents ont été rapportés autour des élections cette fois encore. R. Odinga, (44,74%), a déposé une plainte auprès de la Cour Suprême. La plainte était axée sur des problèmes liées à la transmission des résultats par la commission électorale. Le 1er septembre, le Président de la Cour Suprême a annulé les résultats à cause d’irrégularités dans leur transmission par la commission électorale. La décision détaillée devrait être rendue publique sous 21 jours et les élections organisées à nouveau sous 60 jours, d’ici à fin octobre 2017.

Cette décision a eu un écho retentissant en Afrique et au-delà.  C’est un moment historique.

Kenyatta a déclaré qu’il accepté la décision bien qu’il ne soit pas d’accord. R. Odinga a célébré la décision mais aussi critiqué la commission électorale.

Le Kenya est l’un des 15 pays africains organisant des élections en 2017elections-afric_19407314_103e1c6ba323ecb81f7476f826997636367471a9

Pour un regard rapide sur les autres élections, c’est

  • Les résultats sont annulés mais rien ne prouve qu’ils n’étaient pas corrects 

La commission électorale a insisté publiquement que le problème était dans la transmission des résultats mais pas sur les activités de vote ou le décompte. Elle a aussi déclaré qu’elle enquêterait sur ces problèmes. La Cour Suprême n’a pas déclaré Odinga comme vainqueur. La Cour s’est concentrée sur un aspect technique. Cependant, la crédibilité de la commission électorale est entachée. Il y a un débat entre l’état de droit et la légitimité du vote. La commission électorale devra travailler dur pour regagner la confiance des kenyans notamment en vue du nouveau vote. En juillet, Chris Msando fut retrouvé assassiné et apparemment torturé. Son département au sein de la commission électorale s’occupait de l’identification des électeurs et de la transmission du résultat…

  • Quid des observations électorales ?

La décision historique de la Cour Suprême soulève plusieurs questions sur le rôle des observations électorales. Aucune des grandes missions (Union africaine, Union européenne, Fondation Carter, etc.) ne semble avoir anticipé la décision de la Cour. A première vue, cela semble renforcer les arguments contre l’utilité de ces missions. Mais la décision de la Cour se concentre sur le problème de la transmission des résultats pas sur le décompte ou les activités de vote. Cette situation révèle une faiblesse certaine de l’observation électorale. Cet évènement devrait être étudié en détails et fournir des leçons à l’avenir.

  • Il est important de rester patient…

La Cour Suprême va fournir une décision détaillée d’ici au 22 septembre 2017.  En attendant, certains diront qu’il est impossible de dire que la victoire d’U. Kenyatta était illégitime et que R. Odinga est le véritable vainqueur des élections d’août. Impossible…mais désormais ces résultats sont annulés.

  • …et de garder son calme

De nombreux incidents violents ont été rapportés en août. La nouvelle période qui s’ouvre au Kenya contient de nombreuses graines de violence. Des politiciens et des militants au sang-froid seront nécessaires pour que cette phase soit pacifique.

 

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Elections

Yes we Ken (vote again)

  • A tale of a vote, a defeat, a complain, a cancellation…and a re-run

What happened in Kenya? The country organised on August 8, 2017, both parliamentary and presidential elections. For the third time in 10 years, the main contenders were Uhuru Kenyatta and Raila Odinga. In 2007, an estimated 1,300.00 Kenyans died in electoral-related violence. U. Kenyatta, the outgoing President, was officially reelected with 54,27% of the vote. Some violent events took place around the elections this time again. R. Odinga, (44,74%), filed a petition at the Supreme Court. The petition focused on issues about the transmission of the results by the electoral commission. On September 1st, the Chief Justice declared the August election “invalid, null and void” because of irregularities regarding the transmission of the results by the electoral commission. The detailed decision should be provided within 21 days and the re-run of the election should take place within 60 days by the end of October 2017.

This decision has already resonated across the African continent and the world. It is a historical moment.

Kenyatta declared that he accepted the decision of the court while disagreeing. R. Odinga celebrated but also criticized the electoral commission.

Kenya is one of the 15 countries with planned elections in 2017 

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For a quick view of the other elections, it is there

  • The results are annulled but nothing proves that they are not correct

The electoral commission insisted publicly that the issue is about the transmission of the results but not about the voting or the counting of votes and that it will investigate elections offense. The Supreme court did not declare Odinga as the winner. For now, it focused on a technicality. However, the credibility of the electoral commission is now at stake. It is a debate about rule of law versus legitimacy of a vote. The electoral commission will have to work very hard to be trusted in the re-run. In July, Chris Msando was found killed and apparently tortured. His department within the electoral commission oversaw the voter identification and result transmission…

  • What about electoral observation?

The supreme court historical decision raise questions about the role of electoral observation. None of the major mission (AU, EU, Carter Foundation…) seems to have anticipated the court decision. At first glance, it seems to strengthen arguments against their usefulness. But the issue is that for now, the court decision focused on transmission of the results not on counting or the voting activities. It does reveal a weakness about electoral observation and this event should be studied and lessons learned.

  • Key to remain patient…

The Supreme Court will provide its detailed decision by September 22, 2017. In the meantime, some would say that it is impossible to say that U. Kenyatta’s victory was illegitimate and that R. Odinga is the right victor of August elections. Impossible…but now the results are cancelled.

  • …and cold-blooded

Many violent incidents have been reported around the elections in August. The new period ahead of Kenya contains many seeds for violence. Cold-blooded leaders and supporters are required to make this new electoral phase a peaceful one.

 

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Elections

Les élections en Afrique pour 2017 : un été chargé, de nombreux reports – annulation du vote au Kenya

Cet article a été mis à jour le 1er septembre 2017.

Voici une présentation factuelle des 15 élections prévues en Afrique pour 2017 concentrées notamment en juillet/août.

Pour une expérience graphique complète, cliquez ici.

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Février

  • Somalie

L’élection présidentielle, par les membres de l’assemblée, a eu lieu le 8 février. Elle a été remportée par un ex-premier ministre, Mohammed Abdullahi Farmajo.

Avril

  • Gambie

Les législatives ont été organisées le 6 avril. Le parti du nouveau président, A. Barrow, l’UDP a remporté 31 des 53 sièges de l’Assemblée.

Mai

  • Algérie

Les élections législatives se sont tenues le 4 mai 2017 avec une participation basse à 35%. La coalition au pouvoir, composée du Front de Libération Nationale (FLN) et du Rassemblement National Démocratique (RND),  a été reconduite. Le FLN a obtenu 164 députés, 57 députés de moins par rapport à 2012, et 25,99%. Le RND a quant à lui obtenu 14,91% et 100 députés, soit 29 députés de plus qu’en 2012.

Juin

  • Lesotho

Les législatives anticipées ont été organisées le 3 juin. Le parti All Basotho Convention (ABC) dirigé par Thomas Thabane, de retour de son exil sud-africain, est arrivé en tête avec 48 députés, contre 46 en 2015, et 40,52% des voix. L’ABC a négocié une majorité gouvernementale avec 3 autres partis : Alliance of Democrats (9 députés), Basotho National Party (5 députés), et Reformed Congress of Lesotho (1 député). Thomas Thabane est redevenu Premier ministre, après 2012-2015, le 16 juin 2017. Le Democratic Congress de Pakalitha Mosisili, au pouvoir depuis les élections anticipées de 2015 a perdu 17 sièges en réunissant 25,82% des voix et en obtenant 30 députés. Son principal allié, le Lesotho Congress for Democracy, dirigé par Mothetjoa Metsing, perd un siège par rapport à 2015 avec 11 élus pour 8,95%.

Il s’agissait des troisièmes législatives depuis 2012 : 2012, 2015 et 2017.

Juillet

  • Sénégal

Prévues le 3 juillet, les législatives ont eu lieu le 30 juillet. La coalition au pouvoir Beeno Bokk Yakaar (BBK) a remporté 125 des 165 sièges de la nouvelle assemblée. Le taux de participation a dépassé les 50%.

  • République du Congo

Le Parti Congolais du Travail (PCT) et ses alliés de la majorité présidentielle ont remporté plus de 100 sièges sur 151. Le PCT du Président Nguesso a remporté 90 sièges à lui tout seul. Les s législatives se sont tenues les 16, premier tour, et 30 juillet, deuxième tour.

Août

  • Rwanda

Le 4 août, le Rwanda organisait son élection présidentielle. Le président sortant, Paul Kagame du Front Patriotique (FP) a été réélu avec 98,7% des voix selon les décomptes officiels. En 2015, une modification constitutionnelle, votée par référendum, lui a permis de se représenter après qu’il ait atteint la limite de deux termes présidentiels.

  • Kenya

Le 8 août les législatives et la présidentielle kenyanes ont eu lieu. Le président sortant Uhuru Kenyatta a été réélu avec 54,27% des voix. Le résultat des législatives n’est pas encore officiel mais les premières projections donnent la coalition soutenant U. Kenyatta en tête. La commission électorale indépendante publie les résultats petit à petit : https://www.iebc.or.ke/ La campagne, les élections et l’après-vote ont été marqués par des violences.Plusieurs incidents ont été rapportés autour des élections cette fois encore. R. Odinga, (44,74%), a déposé une plainte auprès de la Cour Suprême. La plainte était axée sur des problèmes liées à la transmission des résultats par la commission électorale. Le 1er septembre, le président de la cour suprême a annoncé que les résultats de l’élection présidentielle étaient annulées pour cause d’irrégularités dans la transmission des résultats par la commission électorale. La décision détaillée sera rendue d’ici au 22 septembre et les élections devront être réorganisées sous 60 jours soit d’ici à la fin octobre 2017.

  • Angola

Les législatives se sont tenues le 23 août. Le candidat principal du parti remportant ces élections devient président. Le Président Dos Santos, au pouvoir depuis 1979 ne se représente pas. Le parti au pouvoir sortant, le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA), recueillerait près de 61,1% des suffrages et obtenir 150 sur 220 députés. Le principal parti d’opposition, l’Union Nationale pour l’Indépendance de l’Angola (UNITA) continue de rejeter ces résultats.

Septembre

  • Somaliland

Des élections législatives et présidentielles y étaient prévues le 27 mars. Elles ont été repoussées à septembre à cause de la sécheresse et le risque de famine. A noter que ce pays n’est pas reconnu par la communauté internationale depuis son indépendance unilatérale de la Somalie en 1991.

Octobre

  • Liberia

Le 10 octobre, les libériens choisiront leurs députés et leur président. La Présidente Sirleaf atteindra la limite des mandats et ne pourra se représenter.

Novembre

  • Sierra Leone

Elections législatives et présidentielle prévues pour novembre sans date fixée pour l’instant.

D’ici la fin de 2017…

  • République Démocratique du Congo (RDC)

Plus de détails ici. Les chefs d’états de la Communauté de Développement de l’Afrique australe a déclaré le 20 août que les élections en RDC ne pourraient se tenir cette année. Communiqué en anglais.

…reportées en 2018

  • Gabon

Suite à une demande du premier ministre, la cour constitutionnelle a accepté le 11 juillet 2017 le report des élections législatives prévues pour le 29 juillet 2017. Elles devront avoir lieu avant avril 2018 au plus tard. Les dernières élections datent de 2013. Ce report intervient après les violences et la polémique liées à la présidentielle de 2016.

  • Sud Soudan

Les législatives et présidentielles sont désormais prévues pour 2018. Les dernières élections datent de 2010.

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Elections

A presentation of the 2017 African National Elections: a busy summer, many postponements and Kenya vote cancelled

This article was updated on September 1, 2017.

Here is a factual presentation of the 15 national elections planned in Africa for 2017 with a traffic jam in July/August. The previous update on the last elections of 2016 is available here.

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For a full infographic experience click here.

February

  • Somalia

The Presidential election, by the Members of Parliament, took place on February 8. Mohammed Abdullahi Farmajo, an ex-Prime Minister, was elected.

April

  • The Gambia

The Gambia organised parliamentary elections on April 6, 2017. The UDP, the party of the new President A. Barrow – elected in December 2016, have won 31 seats out the 53 available.

May

  • Algeria

The parliamentary elections took place on May 4, 2017. The turnout was low: 35%. The coalition in power, made up of the Front de Libération Nationale (FLN) and Rassemblement National Démocratique (RND),  remains in power. FLN obtained 164 MPs, 57 less than in 2012, and 25,99% of the ballots. RND got 14,91% and 100 MPs, 29 more seats than in 2012.

June

  • Lesotho

Snap parliamentary elections took place on June 3, 2017. The All Basotho Convention (ABC) party led by Thomas Thabane, who returned from his South African exil, became first with 48 MPs, against 46 in 2015, and 40,52% of the votes. The ABC negotiated a governmental majority with 3 other parties: the Alliance of Democrats (9 MPs), the Basotho National Party (5 MPs), and the Reformed Congress of Lesotho (1 MP). Thomas Thabane became Prime minister again, after 2012-2015, on June 16, 2017. The Democratic Congress of Pakalitha Mosisili, who was in power since the 2015 snap elections, lost 17 seats, and 25,82% of the votes for 30 MPs. Its main allied, the Lesotho Congress for Democracy, led by Mothetjoa Metsing, lost one seat compared to 2015 with 11 MPs for 8,95% of the votes.

July

  • Senegal

Planned on July 2, 2017, the Parliamentary elections took place but on July 30. The coalition in power, Beno Bokk Yaakaar, won 125 out of the 165 seats in the new assembly. The participation rate reached more than 50%.

  • The Republic of Congo

The two-round parliamentary elections took place on July 16 and 30, 2017. The Parti Congolais du Travail (PCT) and its allies of the presidential majority won more than 100 seats out of 151. The PCT of President Nguesso won 90 seats on its own.

August

  • Rwanda

On August 4, Rwanda organised its presidential election. The outgoing President, Paul Kagame of the Patriotic Front (PF) was reelected with 98,7% of the vote according to the official results. In 2015, a constitutional change, adopted by referendum, allowed him to run again in 2017 beyond the (then) two-term limit.

  • Kenya

Kenya organised on August 8, 2017, both parliamentary and presidential elections. Uhuru Kenyatta, the outgoing President, was officially reelected with 54,27% of the vote. The parliamentary results are incomplete now. However, the coalition supporting U/ Kenyatta is leading the first results. The independent electoral commission publishes results one step at a time: https://www.iebc.or.ke/ Some violent events have been taking place around the elections until now. Raila Odinga, the other main presidential candidate (44,74%), filed a petition at the Supreme Court. The petition focused on issues about the transmission of the results by the electoral commission. On September 1st, the Chief Justice declared the August election “invalid, null and void” because of irregularities regarding the transmission of the results by the electoral commission. The detailed decision should be provided within 21 days and the re-run of the election should take place within 60 days by the end of October 2017.

  • Angola

The parliamentary elections took place on August 23, 2017.  The candidate from the winning party becomes the country President. President Dos Santos, in power since 1979, does not run this year. The party in power, the Popular Movement for Liberation of Angola (MPLA), would receive 61,1% of the vote and get 150 out of 220 members of Parliament. The main opposition party, the National Union for the Independence of Angola (UNITA) continues to reject the results.

September

  • Somaliland

Due to the drought and the risk of famine in the Horn of Africa, Legislative and Presidential elections, that were planned on March 27, have been postponed to September. This country is not recognised by the international community since its unilateral independence from Somalia in 1991.

October

  • Liberia

On October 10, Liberians will choose their Members and Parliament and their President. President Sirleaf has reached the mandate term-limit.

November

  • Sierra Leone

Legislative and presidential elections are planned for November without an exact date for now.

To be organised by the end of 2017…

  • Democratic Republic of Congo (DRC)

More details here ici. The Southern African Development Community (SADC) declared on August 20 that elections could not take place this year in the DRC. Communiqué is available here.

…and those already postponed to 2018

  • Gabon

Following a request made by the Prime minister, the constitutional court accepted on July 11, 2017, the postponement of the parliamentary elections planned on July 29, 2017. They should now take place before April 2018 at the latest. The last parliamentary elections were organised in 2013. This postponement takes place after the violent and contested 2016 presidential elections.

  • South Sudan

Parliamentary and presidential elections have been postponed to 2018. The last elections took place in 2010.

 

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Elections

An update on the last elections of 2016 – December

Here is a short focus on developments regarding the last 3 elections that took place in 2016 and the postponed elections in the DR Congo. 14 elections are planned for 2017. The previous update about 2016 elections is available here.

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For a full graphic experience, click here

  • Ghana

Ghanaians voted on December 7 to elect their members of parliament and their president. There was a period of doubt after an apparent hacking of the electoral commission’s website and delays in the announcements of the results. The now ex-opponent Nana Akufo-Addo won the presidential vote with 53.85%. His party, the New Patriotic Front, won the legislatives with 171 seats. Mr. Akufo-Addo was sworn in on January 7, 2017. Since 1992, there have been 3 changes in power through the polls in Ghana.

  • The Gambia

The Gambian presidential election took place on December 1, 2016. The opponent Adama Barrow won. On December 2, outgoing president, Yahya Jammeh, accepted his defeat. N. Dlamini-Zuma publicly hailed this gesture. However, the following week, President Jammeh changed his mind after a correction in the results that did not halter the initial outcome. Since this change, the Economic Community of Western African States (ECOWAS) has decided to work to uphold the results and ensure the peaceful transfer of power to the President-elect. ECOWAS mediation is lead by Presidents Buhari from Nigeria and Sirleaf from Liberia. Since Jammeh’s volte-face, the army has occupied the electoral commission facilities, the head of the electoral commission has been reported fleeing the country just like thousands of Gambians crossing to Senegal. President Jammeh challenged the results before the Supreme Court. The head of this court declared early January that the court was unable to hear the petition before May due to technical reasons. The current presidential mandate comes to an end on January 19, 2017.

  • Côte d’Ivoire

Parliamentary elections took place on December 18, 2016. The official results presented the Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie en Côte d’Ivoire (RHDP) as the large winner with 167 seats out of 255. This movement support Ivorian President, Alassane Ouattara.

Postponed

  • Democratic Republic of Congo (DRC)

President Kabila’s second mandate came to an end on December 19, 2016. According to the UN, at least 40 people died during the demonstrations on December 19 and 20 against Kabila’s refusal to step down. An agreement was reached at the very end of 2016 between the power and opposition movements under the auspices of the Congolese bishops. It states that legislative and presidential elections, originally planned for 2016, then postponed to 2018, should be organised by the end of 2017. It states also that an opponent should be appointed Prime Minister and that Joseph Kabila can stay in power until his successor has been sworn in.

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Elections

Un point sur les dernières élections de 2016 – décembre

Voici un point sur le développement concernant les 3 dernières élections de 2016 et les élections reportées en RD Congo. Le précédent point est disponible ici.

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Pour une expérience graphique complète, cliquez ici.

  • Ghana

Les ghanéens ont voté le 7 décembre pour élire leurs députés et leur président. Il y a eu une période de doute suite à un prétendu piratage du site de la commission électorale et du retard dans l’annonce du résultat. L’ex-opposant Nana Akufo-Addo a remporté la présidentielle avec 53.85%. Son parti, le New Patriotic Front, a également remporté la majorité à l’assemblée avec 171 sièges. M. Akufo-Addo a prêté serment le 7 janvier 2017. Depuis 1992, il s’agit de la troisième alternance au pouvoir par les urnes au Ghana.

  • Gambie

L’élection présidentielle gambienne a bien eu lieu le 1er décembre 2016. Elle a été remportée par l’opposant Adama Barrow. Le 2 décembre, le président sortant, Yahya Jammeh, reconnaissait sa défaite, un geste salué par la présidente de la Commission de l’Union africaine, Dlamini-Zuma. Mais la semaine suivante, le président Jammeh changeait d’avis suite à une correction des résultats qui n’altérait cependant pas le résultat initial. Depuis ce revirement, la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de travailler au maintien du résultat et à un transfert pacifique du pouvoir. Sa médiation est menée par les présidents Buhari du Nigeria et Sirleaf du Liberia. L’armée a occupé les locaux de la commission électorale, le président de la commission électorale aurait quitté le pays et des milliers de gambiens auraient traversé la frontière pour se réfugier au Sénégal. Le président Jammeh a décidé de contester les résultats devant la cour suprême. Le président de cette dernière a annoncé début janvier que la cour ne pourrait pour des raisons techniques statuer sur le recours présidentiel contre les résultats des élections avant mai 2017. Le mandat actuel du président Jammeh se termine le 19 janvier 2017.

  • Côte d’Ivoire

Les élections parlementaires ont eu lieu le 18 décembre. Les résultats officiels ont donné gagnant le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie en Côte d’Ivoire (RHDP). Le RHDP a remporté 167 sièges sur 255. Ce rassemblement soutient le président ivoirien, Alassane Ouattara.

Reportées

  • République démocratique du Congo (RDC)

Le 2e mandat du Président Kabila s’est terminé le 19 décembre 2016. Selon l’ONU, au moins 40 personnes sont mortes lors des manifestations des 19 et 20 décembre contre le maintien de Kabila au pouvoir. Un accord a été trouvé à la toute fin de 2016 entre une partie de l’opposition et le mouvement au pouvoir sous l’égide des évêques congolais. Les élections parlementaires et présidentielles étaient prévues pour la fin 2016 puis annoncées comme reportées en 2018. Avec cet accord, et pour l’instant, les élections sont prévues d’ici la fin de 2017. D’ici là, l’accord prévoit le maintien de Joseph Kabila en tant que président jusqu’à la prise de fonction de son successeur et la nomination d’un premier ministre d’opposition.

 

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Afrique australe, Démographie, Jeunesse, Politique

Jeunesse – Afrique australe et le grand changement démographique

Les images de manifestations étudiantes en Afrique australe contre les frais universitaires sont devenues monnaie courante. Elles sont une des conséquences des tensions induites par le changement démographique massif  en cours dans la région. Imaginez trois jeunes citoyens de la région : Kagiso, 20 ans, botswanais, Cecilia, 15 ans, du Malawi et Thabo, 22 ans, d’Afrique du Sud. Tous trois ont en commun d’être membres du plus grand groupe de population dans leurs pays respectifs. Une vague globale de jeunesse se répand en effet sur la région, et plus généralement sur le continent.

La jeunesse sud-africaine a démontré sa puissance politique en octobre 2015 en manifestant par milliers devant le parlement et la présidence contre l’augmentation des frais universitaires. Jacob Zuma, le président sud-africain, a annoncé après ces manifestations le gel de la hausse des frais universitaires.

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Pour une expérience complète de ce graphique, cliquez ici

Une vague de jeunesse

55%[1]  des citoyens en âge de voter dans la région de la communauté de développement de l’Afrique australe (plus connue sous son acronyme anglais de SADC[2]) ont entre 18 et 34 ans. 61%[3] des citoyens de la SADC ont entre 0 et 24 ans. La majorité des habitants de cette région est née après la fin de la guerre froide, et de plus en plus après les fins des guerres civiles au Mozambique et en Angola, et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. En Afrique du Sud on les appelle les « born free », ce qui peut se traduire par « nés libres ». Les pays de l’Océan indien mis à part, l’Afrique du Sud a la population la plus âgée de la zone australe avec un âge médian de 26 ans. De nombreux pays ont même une population encore plus jeune, comme en Zambie, où la moitié des citoyens a moins de 17 ans.

La jeunesse : un vieux concept politique

La jeunesse est un vieux concept politique. Ce dernier a toujours été utilisé comme un moyen permettant de promouvoir le changement, que ce soit au sein des pouvoirs en place ou contre ceux-ci, comme à l’époque coloniale et des régimes racistes. En 1950, Nelson Mandela est devenu le chef de la ligue de jeunesse du congrès national africain (ANCYL en anglais), fondée dès 1944.  En 1976, la jeunesse de Soweto s’est soulevée contre le régime d’apartheid. Aujourd’hui encore, le 16 juin, le soulèvement de Soweto est célébré dans de nombreux pays d’Afrique australe en hommage au sacrifice de la jeunesse contre l’oppression. Plus récemment, Julius Malema a émergé politiquement en prenant la tête de la branche jeunesse de l’ANC.

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Opportunités et défis politiques en Afrique australe

Les changements démographiques actuels sur cette partie du continent ouvrent une période de tensions mais également d’opportunités sociales. De fait, considérer la jeunesse comme un groupe minoritaire parmi la population, alors que les jeunes en constituent en réalité  la majorité, est une erreur politique. Tous les partis au pouvoir et ceux de l’opposition doivent aujourd’hui se poser la même question : comment gérer cette situation et comment en profiter pour rester au pouvoir, ou bien y accéder ?

Ces évolutions vont désormais servir de test pour les systèmes politiques et socio-économiques de la région. Le monde occidental, le Japon dans les 1960 et plus récemment les pays arabes, ont connu des tensions aux origines démographiques semblables.  Une des leçons retirées de ces épisodes historiques est que, s’il n’y a pas de réponse unique face à ces changements, plus un système est solide, plus il s’avère stable.

A la mi-août de 2015, au Botswana, les chefs d’Etat de la SADC ont signé une Déclaration sur le Développement de la Jeunesse. Il s’agit d’une nouveauté, démontrant l’intérêt porté par les décideurs politiques de la zone aux changements démographiques, et marquant une certaine volonté d’accompagner ces derniers.

Division régionale : Afrique australe rurale vs Afrique australe urbaine

Si l’ampleur du changement doit encore être mesurée de manière détaillée par pays, il n’en demeure pas moins que l’on peut observer des évolutions comportementales en cours dans de nombreuses sociétés de la région ; telles que le glissement vers des comportements plus individualistes et moins enclins à respecter une approche communautaire et une certaine hiérarchie.

Il est intéressant d’observer de nombreux partis au pouvoir dans la région perdre du terrain dans les centres urbains où la jeunesse est plus présente et possède davantage de diplômes.

Les Etats du sud et l’Angola ont les taux les plus importants d’urbanisation de la SADC (plus de 60%) tandis que le reste de la sous-région  varie d’  « assez » à « extrêmement rurale », comme au Malawi (84%). Une étude comparative par pays serait nécessaire ;  cependant on observe que les structures de contrôle social sont davantage contrôlées par les personnes âgées en milieu rural qu’en ville, où des structures concurrentes sont plus présentes.

Un test pour les partis au pouvoir

Quoi qu’il en soit, la meilleure manière de gérer ces changements démographiques d’ampleur est de les accompagner. En Afrique du Sud, en Angola, au Botswana, en Namibie, au Mozambique, en Tanzanie et au Zimbabwe, tous les partis politiques font face à un défi similaire dans ce secteur : devoir se réinventer au-delà des thèmes de la lutte contre l’indépendance et les régimes racistes, afin de séduire les « nés libres ». Évidemment, cela risque de créer des déceptions et du ressentiment parmi les générations plus anciennes qui ont mené des combats difficiles afin de pouvoir diriger leur pays. Cela peut s’apparenter à ce que les parents européens ont connu dans les années 1960 quand leurs enfants leur ont fait comprendre que, malgré toutes les opportunités dont ils disposaient, ils n’accepteraient pas uniquement de les écouter patiemment, ni de leur obéir.

jeunes

En RD Congo et en Angola, des militants politiques jeunes n’étant pas aux ordres des systèmes au pouvoir ont été emprisonnés sur peu, voire pas de bases légales, démontrant le niveau d’appréhension certain qu’ils suscitent chez leurs dirigeants.

Le printemps arabe nous apporte par ailleurs un éclairage sur l’impact des changements démographiques et sur la manière dont différents régimes s’y sont confrontés. En Tunisie, le système politique s’est d’abord effondré avant que le pays, pourtant soumis à de nombreuses pressions, ne se soit montré plus stable que certains de ses voisins comme la Libye et l’Egypte. La Tunisie a fait preuve d’un meilleur niveau de flexibilité et d’inclusivité politique, ce qui a permis au pays de mieux faire face à cette situation. Dans d’autres pays, le pouvoir s’est reposé lourdement sur l’appareil sécuritaire pour regagner le contrôle (Egypte) ou se maintenir en place (Algérie). Les pressions des acteurs internes et externes n’ont pas été égales dans tous ces pays non plus. Les facteurs d’instabilité et la capacité de la jeunesse à être violente, à s’organiser, se procurer des armes, etc. a également différé d’un pays à l’autre, ainsi que la capacité des forces de sécurité à les accompagner ou les réprimer.

Un test pour les systèmes politiques en place

Les tests politiques ont déjà commencé en Afrique australe. Au Botswana, en 2014, un changement générationnel politique majeur a eu lieu à travers les urnes à l’occasion des primaires et des élections générales. Une majorité de députés de moins de 50 ans – ce qui est considéré comme jeune en politique – a été élue à l’Assemblée en octobre 2014. 32 députés sur les 57 sont des néo-députés. Un chiffre impressionnant dans la mesure où le parti au pouvoir a à nouveau gagné les élections, et qu’en général, ce genre de renouvellement s’opère à l’occasion d’un changement de majorité. Il s’agit de fait d’un renouvellement massif du personnel politique. Le parti au pouvoir a réussi ce renouvellement grâce à son système de primaires, que de nombreux ministres et personnalités plus âgées ont perdu.

Il s’agit d’une combinaison rare démontrant la capacité d’adaptation du parti au pouvoir. Le système électoral botswanais et la culture au sein des partis ont permis d’absorber une partie des tensions provoquées par le renouvellement démographique.

Dans certains pays de la région, tels que le Botswana, le pouvoir relatif des jeunes par rapport aux autres groupes de la population est accentué par les conséquences de la pandémie de VIH-SIDA.  Du fait de la maladie, les générations entre 35 et 55 ans sont en effet beaucoup moins nombreuses qu’elles auraient pu l’être. Cette situation augmente ainsi le poids relatif des moins de 25 ans dans la population.

Les lignes que j’écris n’apprendront peut-être pas grand-chose à de nombreux acteurs de la région. Un certain nombre d’hommes politiques locaux semble en effet avoir compris l’importance de la jeunesse pour leur propre avenir politique. Au Botswana par exemple, le président a nommé l’un de ses plus proches au poste de ministre de la jeunesse. Bien qu’il ait plus de 50 ans lui-même, il est un primo élu et se montre particulièrement dynamique. Il est à l’origine de nombreuses initiatives en faveur de l’emploi des jeunes et s’avère également très présent sur les réseaux sociaux. Et devinez qui utilise le plus ces réseaux ?

Au-delà du Botswana, ce sont tous les pays de la zone dont la flexibilité et la capacité d’absorption du choc démographique vont être testées.

Pour les régimes de la région, la solidité viendra de la force de la flexibilité de leur système démocratique et d’un contrôle effectif des appareils sécuritaires. Sans l’un ou l’autre, cela s’avèrera compliqué. Nul n’est protégé de tensions dues au changement démographique, et mieux vaut s’y préparer.

Jeunesse, richesse, perception des inégalités et opportunités

Il y a une grande division en Afrique australe entre les pays en termes de richesses économiques. Les pays avec le plus grand Produit Intérieur Brut (PIB) sont aussi ceux qui ont les taux de pauvreté les plus bas, mais également ceux au sein desquels les inégalités sont les plus grandes. Les inégalités sont scientifiquement calculées par le coefficient de Gini. On observe ici un paradoxe : ces pays sont également ceux où la jeunesse est la plus éduquée, mais également la plus confrontée au chômage. En Afrique du Sud, la grande puissance économique de la région (62% du PIB régional), un citoyen sur deux a moins de 26 ans et le taux de chômage des jeunes est de 51.5%[4] ! Aucun parti politique ne peut ignorer ces faits afin de gagner les élections mais également d’exercer le pouvoir. À Madagascar, la situation socio-économique est exactement l’inverse : niveau éducatif très bas, taux de pauvreté élevé mais officiellement seulement 3.8% de chômage.

Les inégalités de richesse comptent parmi les critères à surveiller pour déterminer la capacité des systèmes à absorber la vague démographique. La perception des inégalités et d’un partage équitable des richesses est absolument fondamentale. Un autre critère à prendre en compte est l’urbanisation, ainsi que le niveau d’éducation et de diversification économique.

En Afrique du Sud et au Botswana, le nombre moyen d’années scolaires est supérieur à 7 ans. La plupart des citoyens des autres pays de la SADC passent en moyenne moins de 7 ans sur les bancs de l’école et de l’université. Le taux le plus bas se situe en RD Congo, avec seulement 3 ans de moyenne. Après l’école, se pose la question de la capacité du système économique du pays à intégrer les jeunes diplômés sur le marché du travail. Le niveau d’attente en termes d’accès à l’emploi suscité par le nombre d’années d’enseignement, la qualité et la rémunération de celui-ci semblent étroitement liés.

Des tensions accrues, mais pas nécessairement de crises

La vague démographique est telle dans tous les pays que cela aura des impacts politiques, sociaux et économiques. Les changements provoqués devraient néanmoins pouvoir se faire sans heurts entre les générations et tout le monde devrait pouvoir trouver sa place : individus, générations, organisations.

Chaque génération adopte un système de valeurs et une façon de faire. Les générations peuvent également s’opposer sur ces thèmes néanmoins il est possible que chaque génération, et sa manière de faire, trouve sa place. Je prends ici l’exemple de la Croix-Rouge tant décriée par les baby boomers européens pour sa neutralité que certains associaient à de la passivité, voire de la complicité. La nouvelle génération créa une nouvelle génération d’organisations non gouvernementales qui conceptualisa le droit d’ingérence. C’est dans ce cadre que Médecins Sans Frontières (MSF) voit le jour en 1971. Aujourd’hui, la Croix-Rouge et MSF existent toujours ; elles ont évolué. D’autres organisations sont apparues. Il est donc possible que chacun trouve sa place, jeunes et moins jeunes générations incluses.

Les régimes qui offriront un espace pour la jeunesse, qui contrôleront leurs appareils sécuritaires efficacement et de manière bienveillante à l’égard de la jeunesse – en cas de tensions accrues – et qui sauront offrir un bon niveau d’éducation peu coûteuse, un bon niveau d’emploi et de bonne gouvernance seront les mieux placés pour gérer les défis que va inéluctablement amener la vague de jeunesse qui se répand dans la région.

[1] Statistiques du CIA World FactBook – consultées en octobre 2015

[2] SADC est la Southern African Development Community. Communauté de Développement de l’Afrique austral (CDDA) plus connue sous son nom anglais. 15 états en sont membres: Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, République Démocratique du Congo, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe

[3] Statistiques de l’ONU de 2015 et 2013 consultés en octobre et novembre 2015

[4] Statistiques du Rapport de Développement Humain 2015 du Programme des Nations Unies Pour le Développement (PNUD)

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